L'histoire du club

Du café Covens à la IIIe provinciale, l’incroyable épopée d’un petit village qui vibre au rythme du ballon rond depuis près d’un siècle.

Braives, passion foot : des derbies en feu à la renaissance d’un club

La tradition rappelle que c’est en 1929, autour d’une table du café Covens, en face de la gare, que naquit l’idée de créer un club : le CS Braivois voyait le jour, sous l’impulsion d’une poignée de dirigeants, dont tous les noms ne sont pas parvenus jusqu’à nous. Avec d’inévitables omissions, on rappellera ceux de M. Lowette, Jules et Urbain Orban, Camille Hébron, Gaston Piette, Jules Dantinnes, Joseph Covens…

 De cette époque héroïque, on a surtout gardé le souvenir de derbies acharnés contre Oreye, Hodeige, Momalle, Remicourt, Lens-Saint-Remy surtout… Des derbies tellement âpres qu’en 1934, le CS Braives se retrouve radié, après une rencontre particulièrement « chaude » face à Rémicourt. Les empoignades étaient alors aussi fréquentes autour des terrains que de nos jours, mais elles ne traduisaient pas la volonté délibérée d’en découdre, affichée par les hooligans avant même d’entrer au stade.

Elles reflétaient d’une manière ô combien particulière, la passion pour le ballon rond, dévorant tous ceux qui se trouvaient, le dimanche, autour des terrains. Un autre fléau du football moderne n’était pas non plus absent, dès cette époque : la corruption avait toutefois un air presque respectable, quand elle se nouait autour de litres de péket, plutôt que sur des espèces sonnantes et trébuchantes…

Exit, donc, le CS Braives. Mais le football n’était pas mort sur les rives de la Mehaigne. Il n’allait pas falloir longtemps pour voir les Braivois retaquiner le ballon. Pendant la deuxième guerre, le FC Braives refera parler la poudre. Puis, après la fin des hostilités, dès 1945, l’Entente Hesbignonne, présidée par Maurice Poncelet, voit le jour, d’une fusion avec Latinne, qui, chez nos voisins et amis, provoquera une réaction, d’où naîtra plus tard l’Eclair…

L’histoire du club mériterait à elle seule un livre. Un ouvrage dont les chapitres s’enchaineraient au gré des étapes de la croissance de l’Entente Hesbignonne. Une croissance qui s’affirmera, au milieu des golden sixties, avec plusieurs championnats d’affilée, qui verront les « Canaris » louper d’un poil l’accession à la Ière provinciale. Epoque bénie, où certaines rencontres, face à Bas-Oha ou à l’Union Hutoise par exemple, amenaient 1500 à 2000 spectateurs au terrain de Brivioulle.

Puis vint cette première montée, tant attendue, en 1972, avec un noyau limité, où les possibilités de sélection étaient restreintes.

Deux ans plus tard, Braives sera tout au bord de la promotion : un test-match mémorable, disputé à Montegnée, verra Prayon émerger de justesse pour frustrer l’Entente d’une montée, que son championnat lui méritait de plein droit.

La suite immédiate allait être moins glorieuse, avec le retour en IIème provinciale. Mais, très rapidement, avec Claudy Wilkin à la barre, Braives retrouvait la Ière provinciale, et écrivait à nouveau des pages remarquables de son histoire. Avec notamment, en 1981, sous la direction de Michel Clermont, sa victoire en finale de la coupe de province, face à Herve. Il y aura encore une relégation par la suite. Puis une nouvelle remontée. Des performances remarquables pour la formation représentative d’un village d’à peine 1000 habitants…

 La crise qui frappe de plein fouet le football professionnel, allait toucher Braives bien avant d’autres clubs. Le retour forcé à une politique de recrutement local, une certaine malchance, aussi, à des moments critiques, ont ramené l’Entente Hesbignonne en IIIème provinciale. Où, après avoir touché le fond, elle semble maintenant repartie du bon pied…